Aujourd’hui j’ai le plaisir d’accueillir Nicolas Galita, de l’Atelier Galita sur Instagram et YouTube, qui vulgarise et accompagne l’autisme, et va avec qui nous allons parler d’autisme, et de burn-out autistique :
La newsletter de Nicolas | Son Instagram | Sa chaîne YouTube
Sa communauté Skool (avec son cours gratuit)
Nicolas aide les personnes autistes et TDAH à se rendre compte qu’elles le sont, et à aménager leur vie sans forcément passer par la case diagnostic officiel.
Vers l’autisme
Nicolas a découvert son autisme à travers la littérature, après avoir tenté le test plutôt insultant du RAADS-R, notamment avec « Unmasking autism » (qui n’est pas vraiment une première lecture à avoir sur le sujet, mais est très militant). Il recommande plutôt pour premières lectures « What I mean when I say I’m autistic« , très court, et « Is this autism?« , qui décrit très précisément l’autisme.
Les recommandations de lectures sur l’autisme de Nicolas
Sa motivation avec sa mission de sensibilisation c’est d’empêcher d’autres gens de faire des burn-out autistiques. Burn-out qu’il a vécu à travers des dépressions régulières, qui se sont avérées être des burn-out autistiques.
En fait le burn-out semble être la voie royale pour se découvrir autiste, notamment la succession de burn-out (tous les burn-outés ne sont pas autistes attention, mais collectionner les burn-out sans avoir de cause identifiée évidente peut être un pointeur).
L’autre possibilité c’est d’avoir plus de représentation des personnes autistes, avec des films comme Différente ou le personnage de Quinni dans Hartley cœurs à vif (je ne connais pas j’avoue), personnage autiste jouée par une autiste. Ou bien les parents qui découvrent leur autisme à travers la détection de leurs enfants…
Sur la représentation autistique dans les films et série, loin des clichés que sont Rain Man ou Sheldon Cooper
C’est plus compliqué pour les femmes autistes, qui sont moins détectées de par leurs traits et leur masquage qui ne rentrent pas forcément dans les descriptions de l’autisme « classique », qui sont le stéréotype de l’homme cis hétéro autiste. Et ensuite faut-il arriver à être accueillie dans son autisme par ses proches… (Nicolas parle de privilège masculin sur l’accueil de l’autisme)
D’où l’intérêt d’apprendre à reconnaître le burn-out autistique pour pointer l’autisme, en attendant d’avoir toujours plus de représentation autistique dans la société (c’est en cours, on avance !)…
Burn-out autistique ou attentionnel
Za sur sa chaîne parle de « burn-out attentionnel » et du « mur des 30 ans« , qui arrive plutôt vers 28 ans chez les hommes cis et 25 ans chez les autres.
C’est un burn-out post-masking qui peut durer des années, et qu’il présente dans une vidéo :
Oui, c’est une tortue. Tu peux continuer avec cette vidéo, moins métaphorique 🙂
Le burn-out autistique, ou burn-out post masking (on pense au « cope-out » de Cécile Bost) s’installe sur des années de suradaptation pour maintenir l’attention, d’où la proposition de « burn-out attentionnel » où toute action va demander une attention consciente, comme s’il fallait consciemment piloter le système nerveux autonome.
C’est loin d’être un phénomène isolé, si on regarde les chiffre du burn-out autistique :

Les autistes sont en suradaptation constante dans un monde alliste (non-autiste) et validiste.
Approfondir le burn-out autistique dans ma dernière vidéo et son article associé
Nicolas a pris conscience de ses déclencheurs en suivant la thérapie autonome du site Auto-thérapie, qui lui a permis de prendre conscience de l’importance de son rythme circadien et des éléments qui ont participé à ses épuisements.
Je rappelle la fiche pour identifier tes éléments vampirisants et ressourçants, de mon article sur le burn-out autistique :

Nicolas a eu des burn-out qui n’étaient pas liés à la composante travail, et donc de purs burn-out autistiques non couplés à des burn-out occupationnels (professionnels), ce qui n’était pas mon cas avec mes trois burn-out où j’avais toujours des cumuls de postes en plus de mes déclencheurs plus autistiques.
De l’importance de croiser plusieurs vécus de burn-out, car ils peuvent être très différents…
Et maintenant ?
Valider l’autisme
Avec Nicolas nous avons l’intuition que si on fait un burn-out attentionnel c’est déjà un signe qu’on est neurodivergent en posture de masking.
Il faut savoir que le burn-out autistique se caractérise, entre autres, par une capacité réduite à camoufler, aussi il peut être intéressant de creuser son autisme en plein burn-out (contrairement au HPI où il faut attendre d’avoir retrouvé ses neurones pour passer le bilan).
Les signes du burn-out autistique, dont la capacité réduite à camoufler
Chez Nicolas se pose aussi la question de la bipolarité, avec ses dépressions saisonnières réglées comme sur du papier à musique et sa sensibilité au rythme circadien.
Une question qu’il avait discuté avec le Dr Sikorav, psychiatre bipolaire, dans une interview où se posait la question des traits autistiques du Dr Sikorav :
Un échange entre Nicolas, autiste, et le Dr Sikorav, bipolaire : on dirait un dialogue entre les parts de moi ^^
Honnêtement pour connaître le côté obscur de la bipolarité je ne souhaite pas à Nicolas d’être aussi bipolaire, alors que comme lui même si on me payait pour le perdre je garderai mon profil autistique.
Mais revenons à notre diag autistique : Nicolas a trouvé un effet miroir à ses dépressions saisonnières dans « Unmasked« , avec un témoignage où une personne faisait des dépressions tous les six mois. De quoi se motiver à creuser la piste autistique…
Pour ça Nicolas propose une masterclass pour creuser les traits autistiques et voir si ça fait écho :
La partie 2 de la vidéo est cachée ici – contre une adresse mail
Il s’appuie sur les critères du DSM dans une formulation neuro-affirmative non-validiste, que voici :

Et pour aller plus loin et explorer les référentiels officiels il y a des tests, comme le RAADS-14 (sur 14 items, moins insultant que sa version complète), ou le SRS2 (que je n’ai pas trouvé). Il y a une sélection de tests sur ce site (pour les anglophones).
Repartir après un épuisement
Le masking est une stratégie de suradaptation parmi d’autres, et c’est la question de la suradaptation au sens large qui est centrale dans la notion d’épuisement autistique ou attentionnel.
Donc plutôt que de diminuer le masking (qui peut être utile dans certaines circonstances) on va penser à réduire sa suradaptation… ce qui fait écho au fait que le burn-out est la conséquence d’un trop de suradaptation sur le long cours :

Nicolas nous cite ensuite le protocole de sortie de burn-out autistique de « The Ultimate Guide to Autistic Burnout » :
- Identifier les causes : observer et lister les moments où tu te suradaptes (ce qu’on appelle « triggers », ou « vampires énergétiques »)
- Se retirer temporairement : c’est le moment de l’arrêt, il est essentiel pour récupérer
- Restructurer ton environnement : c’est le travail sur les causes externes de l’épuisement, pour optimiser la récupération puis préparer la reprise
- Se réénergiser : augmenter les activités qui te donnent de l’énergie et cultiver tes intérêts intenses
- Revenir progressivement dans le monde, avec la règle des 50% : je commence par faire moitié moins que ce que je me pense capable de faire, puis j’observe et j’ajuste
Si on zappe l’étape 3 de restructuration de l’environnement on va forcément replonger : il y a un travail d’ajustement à faire pour envisager une reprise écologique et viable.
Trouver le job idéal
Nicolas étant un ancien expert du recrutement, je l’ai forcément interrogé sur le sujet de LA quête du job idéal, celui qui est en accord avec nos traits autistiques et nos intérêts intenses 🙂
L’objectif est donc de… contourner le recruteur, qui n’est au final pas LA personne qui recrute : passer par des personnes en poste, idéalement ne pas envoyer de CV à une personne qui ne l’a pas demandé. Ca demande du temps et le luxe de pouvoir choisir, de discuter et de réseauter.
Si on passe par les annonces classiques la question dépendra de l’étape du recrutement où ça bloque, en gardant en tête que c’est un jeu de drague qui implique de garder en tête les trois questions suivantes :
- Pourquoi toi ?
- Pourquoi ce job ?
- Pourquoi cette entreprise ?
En gardant en tête que la personne alliste qui mène le recrutement masque elle aussi dans le cadre de l’exercice… on doit donc masquer doublement !
Après il y a des sites spécialisés dans le recrutement des personnes autistes comme Autypik : ça bouge doucement 🙂
Et du côté de la stress-défense
Nicolas introduit la notion d’intérêt intense défensif, que tu vas avoir quand tu vas mal (quand tu es dans un état subi), comme des intérêts régressifs pour lui, parmi d’autres ressources stress-défense dont l’écoute de la musique.
Et toi, quels sont tes intérêts intenses défensifs ?
Et pour aller plus loin, je te recommande++ la communauté Skool de Nicolas, ouverte à toutes les personnes qui se posent la question de l’autisme, pour eux et pour leurs proches, sans être officiellement diagnostiqué, où il offre une formation pour explorer les axes principaux des profils autistiques, « La boussole autistique ».
Justement, Nicolas conclut sur l’importance de trouver ses communautés de personnes autistes qui se savent autistes, pour avoir des espaces où tomber les masques et trouver des pairs 🙂
Pour retrouver Nicolas Galita :
La newsletter de Nicolas | Son Instagram | Sa chaîne YouTube
Sa communauté Skool (avec son cours gratuit)

