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Ca fait bientôt cinq ans que je décortique la Théorie PolyVagale et… je réalise que je n’ai jamais vraiment présenté les BASES de la TPV.

J’ai tout de suite fait le lien avec mon expertise, la physiologie du stress et du burn-out, que j’ai approfondie, décortiquée, illustrée…
J’ai fait plein de liens, exploré d’autres clés de lecture, apporté le prisme de la TPV sur plein de sujets, oui MAIS il me manque un article sur les fondamentaux de la TPV.

Et si j’en profitais pour mettre à jour mes premiers partages, et mes premières vidéos ?

Voici donc : les bases de la Théorie PolyVagale, d’après son papa Stephen W. Porges et celle qui a mis la TPV en pratique dans l’accompagnement et la thérapie, j’ai nommé Déborah Dana*

Et là où ça va être sympa, pour moi qui aime les trilogies, c’est que je te réserve une trilogie de trilogies pour faire le tour du sujet :

  • Une trilogie d’états 
  • Une trilogie de principes
  • Une trilogie d’éléments 

Et pour explorer le sujet tu as une trilogie d’options :

  • Une vidéo 2.0 (relativement) courte qui reprend les bases de la TPV actualisées, juste en-dessous
  • L’article qui va un peu plus loin, et illustre les différents principes : tu es dessus 😉
  • Une vidéo 3.0 masterclass qui va beaucoup plus loin et te donne un aperçu de ce que je peux proposer dans POWER, en-dessous également 🙂 

NB : si tu choisis de regarder la masterclass 3.0 inutile de regarder les bases 2.0, qui en est un extrait, ce serait redondant 😉 

ATTENTION petit cafouillage dans les vidéos : j’ai mal introduit les notions de neuroception et corégulation. La neuroception est la détection inconsciente des signaux de danger et de sécurité, leur observation consciente (ou perception) s’appelle l’intéroception. Quant à la corégulation c’est quand une personne en sécurité nous transmet son état vagal ventral de sécurité. Si une personne nous transmet son stress sympathique ou sa tristesse dorsale c’est de la dérégulation, ou dysrégulation, mais pas de la « corégulation ». Sorry. Il y a une vidéo erratum juste après les vidéos sur les bases 🙂 Tu peux aussi visualiser les bases « ultimes », complètes et sans erreur (qui recoupe ma vidéo 2.0 et mon erratum) en introduction de ma formAction POWER (le chapitre est en accès libre) 🎁


La Théorie PolyVagale 2.0 en une trilogie de trilogies : la vidéo mise à jour (version « courte »)

ERRATUM : la « corégulation » c’est uniquement une personne en sécurité vagale ventrale qui met une autre personne en sécurité (vagal ventral), quand une personne en insécurité transmet son sympathique ou son dorsal à une autre personne on dit qu’elle la dérégule.

 


La Théorie PolyVagale 3.0, pour aller (beaucoup) plus loin : la masterclass efferveSciente

ERRATUM : la « corégulation » c’est uniquement une personne en sécurité vagale ventrale qui met une autre personne en sécurité (vagal ventral), quand une personne en insécurité transmet son sympathique ou son dorsal à une autre personne on dit qu’elle la dérégule.
(ici l’exemple de tristesse qui transforme les souvenirs en bleu c’est de la dérégulation, pas de la corégulation)

Et donc la vidéo erratum qui rectifie les petites erreurs des vidéos précédentes (l’article est corrigé et mis à jour aussi) :

Désolée pour ces cafouillages, certes minimes, mais importants pour bien poser la théorie.
Tu peux aussi visualiser les bases « ultimes », complètes et sans erreur (qui recoupe ma vidéo 2.0 et mon erratum) en introduction de ma formAction POWER (le chapitre est en accès libre) 🎁

Une trilogie d’états

Si tu me suis tu les connais déjà : ce sont le vagal dorsal, le sympathique, et le vagal ventral. 

Mais revenons au commencement : pourquoi la Théorie POLY-Vagale ?

C’est l’histoire d’un nerf qu’on a redécouvert, et qui ne cesse de faire parler de lui depuis : j’ai nommé le nerf vague.
Le nerf vague est le dixième et le plus long des douze nerf crâniens, et innerve tous les organes ou presque, du cerveau aux intestins en passant par les poumons, le cœur, l’estomac, le foie, la rate…
Il est l’acteur principal du système parasympathique et… mais qu’est-ce que le système parasympathique ?

Remontons encore une étape en arrière :

Le système nerveux, ancienne version

Le système nerveux, l’ensemble des nerfs de notre corps, se décompose en Système Nerveux Central (le cerveau et la moëlle épinière) et Système Nerveux Périphérique, qui rayonne dans tout le corps.
Ce système nerveux périphérique se divise en Système Nerveux Somatique, qui dirige les mouvements consciemment contrôlés, et le Système Nerveux Autonome, qui est comme son nom l’indique autonome, et le plus souvent inconscient, et regroupe le système nerveux sympathique, parasympathique, et entérique (des intestins).

C’est le Système Nerveux Autonome, ou SNA, qui va nous intéresser ici. 

Le Système Nerveux Autonome va assurer de façon automatique et inconsciente le bon fonctionnement et le bon équilibre de l’organisme (ou homéostasie).
Le SNA relie et régule les organes internes que sont le cœur, les poumons, les vaisseaux sanguins, l’estomac, les intestins, le foie, la vessie, les organes génitaux, mais aussi les pupilles et certains muscles du visage.
Ce-faisant il contrôle les processus physiologiques internes comme le rythme cardiaque, la fréquence respiratoire, la tension artérielle, la température corporelle, la digestion, le métabolisme… mais aussi la réponse au stress

On a longtemps expliqué la réponse au stress comme étant l’équilibre entre les deux principales branches du Système Nerveux Autonome : 

  • D’un côté le système nerveux sympathique, accélérateur qui va mobiliser tes ressources face à un stress, qui va activer l’action et te permettre de répondre à l’agression, en fuyant ou combattant. C’est la team adrénaline, noradrénaline et cortisol. 
  • De l’autre le système parasympathique, pacificateur qui va assurer le retour à la normale après un stress. C’est la voie du nerf vague, avec l’acétylcholine et l’ocytocine (entre autres, je simplifie sur les acteurs en jeu). 

On s’est longtemps satisfait de cette lecture binaire de la réponse au stress, et pourtant il restait un paradoxe : la lutte et la fuite ne sont pas les seules réponses au stress, il y a aussi le figement, qui peut aller jusqu’à la dissociation, et est associé à une réponse parasympathique particulièrement intense. On peut donc aussi répondre au stress par le système parasympathique…

Autre point : on observe aussi des individus qui vont réagir à une situation perçue comme stressante et restant dans un état de confiance et d’adaptabilité qui ne nécessite pas la mobilisation du sympathique… mais comment ?!
Tous les chercheurs, médecins et scientifiques ayant étudié les mécanismes du stress se sont arrachés les neurones en écoutant le TEDx « Comment faire du stress votre ami » de Kelly McGonigal, celui qui démontre que ce n’est pas le stress mais notre perception du stress qui nous tue… et qu’on peut réagir au stress à travers l’ocytocine et la recherche de collaboration, mais comment ?!

LA réponse nous est venue des travaux de Stephen W. Porges : le nerf vague compte double !

Il n’y a non pas UNE mais DEUX voies associées au nerf vague, et ça change tout : 

À l’heure où on voit de plus en plus d’ouvrages sur le nerf vague et son rôle dans la bonne santé, avec un super pouvoir anti-inflammatoire et un rôle d’apaisement global, je ne peux que regretter que peu d’ouvrages partagent la dernière découverte sur le nerf vague : il a en fait DEUX voies distinctes !

Et donc si on remet le schéma général du système nerveux à jour, ça donne ça (ok ça fait beaucoup de schéma mais il FAUT commencer à diffuser cette version actualisée)

Le système nerveux 2.0 : avec la Théorie PolyVagale

En fait, on parle de nerf « vague » car son point de départ au niveau du tronc cérébral n’est pas le plus simple à observer, anatomiquement. Ceci explique sûrement qu’on soit longtemps passé à côté de sa seconde branche. Mais plus maintenant.

Nous savons aujourd’hui, grâce aux travaux de Stephen Porges, que ce n’est plus un mais deux noyaux qui vont donner naissance au nerf vague au niveau du tronc cérébral—l’un dorsal et l’autre ventral, formant les branches du même nom : vagale dorsale, ou ancienne, et vagale ventrale, ou nouvelle

Et ça change la photo de famille !

On souhaite donc la bienvenue au petit nouveau, Mister Vagal Ventral !

Et maintenant, présentations ! 
Nous avons donc de gauche à droite : 

Mister Vagal Ventral, le mode sécurité et lien social 

C’est le « petit nouveau » : la voie de la confiance et de la résilience qui s’active quand tu te sens en sécurité, sans nuage ni danger à l’horizon.

Tu te sens en confiance, tout te parait simple, accessible, tu as le contact facile et la vie te sourit : un vrai Maître du Je(u) !

En mode geek, ce serait le bouton « Rec » (enregistrer) car tu es posé, attentif, réceptif aux signaux extérieurs et aux expressions faciales et corporelles de tes interlocuteurs.
Certains grands penseurs diraient que tu es aWare, avec un double V comme Vagal Ventral.

Tu peux même avoir un « effet boost » où tu vas mobiliser très ponctuellement ton énergie sans passer par le système sympathique et la montée d’adrénaline et de cortisol. C’est permis par le frein vagal qui te permet de faire la transition entre les différents états, et qui a autant un rôle de frein quand il se mobilise que de booster quand il se relâche ponctuellement. C’est ce qu’on appelle la « flexibilité vagale », et elle est précieuse pour bien gérer les situations stressantes. 

Mister Sympathique, le mode lutte ou fuite 

Lui, on le connait depuis longtemps : c’est le système de mobilisation de l’action.

Il s’active quand tu te sens en danger, stressé, menacé.
Il te permet de mobiliser tes ressources pour te défendre, ou t’enfuir, face à une situation perçue comme stressante ou menaçante.

C’est un mode de préservation qui met tes sens en alerte, très utile, mais qui peut vite devenir épuisant s’il dure trop longtemps.
C’est hélas un peu le mode par défaut dans notre ère d’infobésité et d’hyperstress.

En version geek, c’est le bouton accélération, que ce soit vers l’avant pour la lutte (sympathique agressif), ou vers l’arrière pour la fuite (sympathique fuyant).

C’est aussi le mode du passage à l’action quand il est choisi et non subi, le mode du jeu et de la motivAction. 

Mister Vagal Dorsal, le mode « Mister Freeze » 

C’est l’inhibition : tu t’immobilise, incapable de bouger, tu « fais le mort ».
Et c’est de circonstance : la voie vagale dorsale s’active en cas de danger mortel, et te permet de préserver ton énergie en attendant de pouvoir lutter ou fuir.

Tu te sens menacé, impuissant, épuisé, tu n’as envie de ne rien faire, tu te sens incapable de bouger.

C’est le bouton stop, tout s’arrête.

C’est aussi le mode repli sur soi cher aux introvertis quand il est choisi, qui leur permet de se ressourcer et se régénérer.
Il est essentiel et un peu trop délaissé à notre époque où on a du mal à ralentir pour récupérer et juste se poser, appuyer sur pause et faire des S.T.O.P…

Voici donc nos trois états.

Et LE point le plus important :

Il n’y a pas d’état meilleur qu’un autre.
Tous les états sont OK et là pour nous préserver.

Nos états vont s’activer de façon autonome en fonction du niveau de danger perçu.

Mais comment s’activent nos états ?
Et comment on perçoit le danger ?

Ca tombe bien, c’est ce que nous allons voire juste après 🙂 

 

Une trilogie de principes

Si j’ai BEAUCOUP joué avec les états, leurs fiches perso, leur correspondance avec les émotions, leur rôle dans notre relation au corps, leurs liens avec les parts de l’Internal Familly System ou avec les états de l’Analyse Transactionnelle je n’ai que trop peu détaillé les principes fondateurs de la TPV. 

Il y a trois principes fondateurs de la TPV :

  • La hiérarchie
  • La neuroception
  • La co-régulation

C’est parti pour notre deuxième trilogie !

La hiérarchie

Chaque état a son rôle à jouer, et nous avons vu que les états vont être mobilisés de façon autonome en fonction du niveau de danger.

Et le premier principe fondateur de la TPV c’est que les états vont s’activer selon un ordre prédéfini et immuable : on parle de hiérarchie.

Nous passons donc d’un état à l’autre de façon ordonnée, en commençant par mobiliser l’interaction sociale pour trouver une « solution amiable » (genre demander à une araignée de partir, ou essayer de donner des indications à une mouche pour trouver la fenêtre ouverte—si, avoue, on l’a tous fait un jour).

Si nous ne parvenons pas à gérer la situation en Vagal Ventral nous allons descendre dans le sympathique de mobilisation, pour activer la lutte ou la fuite. C’est le deuxième niveau, qui va s’activer quand nous avons les ressources nécessaires pour gérer la situation perçue comme dangereuse, ou stressante.

Mais il arrive que le danger soit perçu comme trop important, mortel, ou tout au moins au-delà de nos ressources : on va alors basculer dans le Vagal Dorsal d’immobilisation et de repli sur soi si on n’a pas de solution à actionner.

Et ça marche dans les deux sens, ce qui veut aussi dire que pour sortir d’un état de figement il va falloir remonter l’échelle du Vagal Dorsal au Vagal Ventral en passant par la remise en mouvement du sympathique.
Il y a toujours une impulsion qui déclenche l’action et la mobilisation, la remise en mouvement.

C’est ce chemin qui va permettre la résilience, et qui traduit une bonne flexibilité vagale pour naviguer entre les états et remonter des états subis de dorsal ou de sympathique vers le vagal ventral qui va nous permettre de reconnecter à une perception de sécurité, une fois le danger passé.

Nous avons donc une hiérarchie des états qui forme comme une échelle sur laquelle nous allons naviguer selon les niveaux de danger.
Et là encore chaque état est ok et là pour nous protéger… à condition qu’il soit adapté à la situation déjà, et temporaire :

Il est donc important, quand on évoque la hiérarchie, qu’on y retrouve la notion de flexibilité vagale, avec cette capacité de remonter du dorsal ou du sympathique vers le Vagal Ventral une fois le danger passé. 

Autrement on va s’enfermer dans un état qui ne sera plus forcément adapté à la situation, et risque de devenir subi et chronique, et de nous couper du monde et de nous-même…

Mais comment savoir dans quel état on se trouve ?

Justement, parlons neuroception !

La neuroception

La neuroception est le joli mot créé par Stephen W. Porges pour désigner notre capacité à « percevoir » insconsciemment les signaux de danger et de sécurité, qu’ils soient internes, environnementaux ou relationnels.

C’est un tout nouveau sens qui se joue au niveau corporel et inconscient, au niveau des récepteurs interoceptifs du Système Nerveux Autonome (et notamment de ses fascias) :

Nos récepteurs vont interroger en permanence l’environnement en quête de signaux de danger et de sécurité, pour activer l’état le plus adapté à la situation.

C’est ainsi qu’on pourra par exemple sentir comme une impression de menace, de danger, sans forcément en identifier la cause.
On sentira son pouls s’accélérer, sa vigilance augmenter, ses muscles se tendre, éventuellement ses mains devenir moites : nous voilà en mode sympathique.

C’est en observant ces modifications de perception, et leurs manifestations physiques associées, que la neuroception va nous permettre de porter notre attention sur l’état qui est activé (en ajoutant un niveau d’attention consciente) : mission observAction !

Selon l’état qui va s’activer, on va être plus ou moins en pleine confiance et possession de nos moyens face à la situation, et notre organisme sera différemment mobilisé :

  • Vigilance et engagement social pour l’état Vagal Ventral
  • Lutte ou fuite pour Mister Sympathique, et sa mobilisation de l’action
  • Inhibition et immobilisation pour l’état Vagal Dorsal, en attendant un meilleur moment d’agir

Mais surtout nos états en s’activant vont complètement changer notre perception de la situation :

Ainsi donc en observant l’évolution de notre perception du monde nous pourrons détecter les changements d’état.
C’est le premier niveau de prise de conscience de l’activité autonome de notre système nerveux : l’observAction (je mets le « Action » car en anglais on parle d' »awareness » et pas de « consciousness », c’est une attention active)

Nous pourrons ensuite interroger la pertinence de l’état activé en fonction de la situation de danger. 

En effet notre vécu passé va influencer nos réponses à l’environnement, et notre niveau de sensibilité au danger.
Si nous n’avons pas été sécurisés dans l’enfance, nous pourrons avoir plus de mal à nous réguler en vagal ventral.

Si nous croisons la Théorie PolyVagale avec la théorie de l’attachement de Bowlby, voici comment notre perception de sécurité (ou non) dans l’enfance va influencer notre état par défaut :

Nous venons au monde câblés pour le lien… au moins au commencement.

Ensuite nous vivons des attachements différents qui vont influencer nos états dominants :

  • L’organisé sécure est un état de confiance qui favorise le Vagal Ventral
  • L’organisé ambivalent correspond aux parents à l’attitude changeante qui vont occasionner un manque de confiance en soi et l’état sympathique
  • L’organisé évitant des figures d’attachement peu présentes va entraîner un manque de confiance aux autres et du Vagal Dorsal
  • Et je passe sur le système nerveux désorganisé qui correspond aux traumas et à certaines pathologies psychiatriques, qui relèvent de la thérapie

Un point important sur les traumas cependant : les traumas, le stress chronique et autres « Adverse Childhood Experiences » (ACEs) (ou « Expériences Négatives d’Enfance ») sont autant d’expériences passées où on ne s’est pas sentis en sécurité et en lien avec nos figures d’attachement.
Ces expériences vont conditionner notre capacité à nous sentir en sécurité et à activer avec fluidité la branche Vagale Ventrale en grandissant.

Dans toutes ces situations de traumatisme et/ou de stress chronique, le système de détection du système nerveux autonome peut devenir défectueux, signalant constamment le danger même lorsque nous sommes en sécurité.
Lorsqu’il y a eu traumatisme, notre système nerveux peut ne plus faire la différence entre notre passé dangereux et notre présent sûr, nous maintenant enfermés dans un état de sympathique ou de dorsal chroniques.
Une rencontre amicale peut alors devenir stressante, une réunion de travail menaçante, une prise de parole en public tétanisante.

Nos expériences négatives d’enfance, nos vécus traumatiques, et/ou notre stress chronique peuvent donc nous empêcher de nous relier aux autres, ce qui est problématique car en tant qu’enfant notre priorité pour survivre est de nous attacher aux personnes qui s’occupent de nous. 

Que pouvons-nous faire lorsque notre système nerveux autonome est déréglé, et que l’alarme est activée en permanence ?
Comment pouvons-nous nous remettre du traumatisme et développer un système sain, régulé et résilient ?

Heureusement, nous pouvons ré-entraîner notre système nerveux pour nous sentir à nouveau en sécurité, et le mieux est de le faire avec l’aide des autres.

C’est ce qu’on appelle la corégulation. 

La corégulation

Chacun d’entre nous possède un système nerveux qui communique en permanence avec les états des autres.
Nous reflétons de manière autonome les états de ceux qui nous entourent, que nous captons inconsciemment grâce à la neuroception (les neurones miroirs seraient de la partie que ça ne m’étonnerait pas aussi).
Mieux : on peut influer sur l’état de notre interlocuteur, et transmettre notre sentiment de sécurité, notre vagal ventral.
C’est ce qu’on appelle la corégulation.

La meilleure façon de rétablir un système nerveux sain est de se relier à des personnes qui sont en sécurité au présent, des personnes ressources qui nous font nous sentir bien, apaisé, en sécurité.

Attention cependant au coût énergétique de la corégulation, pour celui ou celle qui joue le rôle de personne ressource, qui devra ensuite trouver sa propre voie de corégulation, comme le montre cette jolie animation : 

 
J’avais l’habitude d’illustrer la corégulation avec « Je suis donc tu es » de Maylis de Poncin…
qui est en fait un exemple de dérégulation (ou dysrégulation pour être plus précise),

sauf à la fin quand elle peint les boules en jaune (autorégulation) avant de les distribuer (corégulation).
Side Effects est un vrai exemple de corégulation, puisque les personnes sont ramenées vers le vagal ventral (retour au blanc).
On notera que la corégulation peut avoir un coût énergétique pour la personne qui corégule,
que le chien s’est lui aussi dérégulé de sa journée de solitude (les animaux aussi peuvent se déréguler),
mais que tous les deux sont mutuellement ressource l’un pour l’autre, et vont donc remonter les états ensemble, ce qui est aussi une corégulation.

Donc la corégulation c’est quand on transmet sa sécurité (son vagal ventral) à une personne en sympathique ou en dorsal, on le sécurise, on le ramène en vagal ventral MAIS on peut aussi transmettre son insécurité, comme c’est le cas dans « Je suis donc tu es« , et là on parlerait plutôt de dérégulation ou dysrégulation (« codérégulation » sonne bien mais il n’existe pas).

Cette dérégulation c’est quand on est face à quelqu’un en sympathique (en colère ou qui a peur) ou en dorsal (figé, triste et/ou dans la plainte), et que nous ne sommes pas assez en sécurité pour ne pas être « contaminé » par l’état de l’autre (voir les baballes noires dans « Je suis donc tu es« ). Ici c’est la neuroception de l’insécurité de l’autre qui va nous déréguler en insécurité, quand la personne en face est TROP négative, et/ou que nous sommes TROP insecure (c’est ce que j’appelle les « vampires énergétiques » dans les vidéos).

Ca c’est pour les interactions avec nos semblables : la corégulation c’est forcément entre deux personnes, mais nous avons aussi des leviers d’action pour se réguler quand on est seul…

Nous commençons également à comprendre que bon nombre des activités dont nous savons intuitivement qu’elles nous font nous sentir mieux et nous ressourcent (comme être dans la nature, faire du yoga, danser, chanter, aider les autres, etc.) sont des activités qui peuvent aider notre système nerveux à devenir plus régulé et plus résilient.
D’où l’importance d’être au clair sur ses activités ressourçantes et de les pratiquer le plus souvent possible pour se sentir apaisé et en sécurité : c’est l’autorégulation.

Il est important de comprendre qu’on ne pourra s’autoréguler, c’est à dire se ramener en vagal ventral par des activités et pratiques ressourçantes que si on a déjà connu la corégulation, et la neuroception consciente de ce retour vers le ventral (sinon on s’enfermera dans un état subi de survie).  

Et je réponds ici à LA critique qui m’a été faite sur ma première vidéo : oui le Système Nerveux Autonome est… autonome, MAIS il existe des moyens d’agir pour le réguler, et pour activer l’état vagal ventral.
Le premier, et le principal, est la respiration. 
N’oublions pas que les poumons sont innervés par le nerf vague, et c’est ZE organe sur lequel nous pouvons influer consciemment sur le rythme. 
(les grands yogis pourront aussi jouer sur le ryhtme cardiaque, mais c’est next level)

Un moyen très connu pour ses effets apaisants : la cohérence cardiaque, présentée ici et optimisée là par Eric Marlien
Mais il y a aussi le soupir intentionnel, les bâillements, les gargarismes, d’autres pratiques de respiration, la méditation, la visualisation, le mouvement, les câlins, nos amis les animaux… bref autant de ressources qui vont servir la corégulation et l’autorégulation, pour peu qu’on prenne le temps d’explorer ce qui fonctionne pour nous.

Et justement, nous allons maintenant explorer la dernière trilogie, celle des éléments qui font le bien-être, et aident le système nerveux autonome à s’ancrer dans la sécurité et la régulation.

Mais avant, un petit intermède pédagogeek avec l’excellente animation du PolyVagal Institute, traduite par Quantum Way, qui reprend ces deux premières trilogies, et l’impact des traumas sur notre système nerveux autonome : 

 
Trauma et système nerveux : une perspective polyvagale

Une trilogie d’éléments

Cette partie est plus récente, elle est issue d’Anchored, le dernier livre de Déborah Dana, qui présente entre autres les trois éléments essentiels à notre bien-être et notre régulation vers plus de sécurité : 

  • Le contexte
  • Le choix
  • La connexion

Quand ces trois éléments sont présent, nous retrouvons plus facilement la voie de la régulation.
Mais avec un seul absent, nous pouvons nous retrouver avec un système nerveux dérégulé et une forme d’inconfort.

C’est partie pour une dernière trilogie, à haute teneur en stress-défense ajoutée !

Le contexte

Le contexte traduit le besoin de réunir des informations sur comment, quoi et pourquoi telle ou telle situation.
Regrouper des informations sur une situation ou une expérience aide à y faire face, et à y répondre. 

Nous allons collecter des signaux de danger, ou de sécurité, à partir de la communication explicite sur les informations contextuelles de la situation. 
Autrement, nous sommes plus à même de ressentir de l’insécurité et entrer dans un schéma de protection basé sur nos expériences passées. 

Typiquement, c’est le C.I.N.E. du stress, tel que décrit par le Centre d’Etudes sur le Stress Humain : 

 
Le stress, c’est du C.I.N.E.

Notre neuroception va chercher à identifier les signaux de danger et de sécurité à travers le C.I.N.E. du stress :

  • Contrôle faible
  • Imprévisibilité
  • Nouveauté
  • Ego menacé 

Plus il y aura d’indices en faveur de ces quatre indicateurs, et plus nous y sommes sensibles aussi, plus nous ressentirons une impression de menace, et plus nous nous replierons vers des états de survie en sympathique ou en dorsal. 

Tandis que lorsque la situation est claire, bien cadrée, et sans tout ce C.I.N.E. pour se faire des films, alors on pourra la gérer en toute sécurité, en toute sérénité, et dans la confiance de notre Vagal Ventral. 

Le choix

Second élément pour un système nerveux régulé : le choix. 

Avec le choix on a la possibilité de décider si on va rester statique ou bouger, s’approcher ou éviter, connecter ou se protéger : bref, nous avons le POWER de choisir, et ça change tout. 

Et pour ça nous avons non seulement le « choix » entre nos 3 états, quand ils sont disponibles de façon autonome (ce qui n’est pas toujours le cas, on peut par exemple être acculé et dans l’impossibilité de fuir, ou entravé dans l’impossibilité de combattre), mais on peut aussi jouer à les combiner :

Quand le choix est limité ou absent, ou quand nous avons l’impression d’être coincé et sans options, et nous allons commencer à chercher désespérément un échappatoire. 
Dans cette quête de survie nous pouvons ressentir l’activation de l’action du sympathique et son énergie haute, avec parfois une forme d’anxiété, de colère ou de panique, ou bien l’effondrement en vagal dorsal, avec son énergie basse et son figement. 

Nous l’avons vu avec la situation subie du confinement : le discours martial pouvait activer le sympathique, quand l’enfermement pouvait réveiller le dorsal, face à une situation où nous n’avions que peu de choix, et tous les critères du C.I.N.E. pour entretenir son stress. 

Même dans les plus simples activités quotidiennes, nous avons donc plus de chance de rester dans un état de sécurité et de vagal ventral régulé si nous avons plusieurs options.

C’est le POWER de la Théorie PolyVagale et ses 3 voies de réponses, mais aussi la possibilité via l’autorégulation d’aller vers des états « choisis » (avec une dose de vagal ventral) plutôt que « subis » (intégralement autonomes, et souvent inconscients)

La hiérarchie des états choisis et subis

Attention cependant : TROP d’options peut s’avérer accablant, et un planning trop rigide paralysant : pensons curseur, chacun aura besoin de sa juste dose de choix pour avoir la sécurité d’un cadre qui laisse la place à une dose de flexibilité. Mission adaptAction !

La connexion

Dernier point pour cultiver notre bien-être et notre sentiment de sécurité : la connexion. 

Elle est de quatre sortes : 

  • la connexion à soi
  • la connexion aux autres, et aux animaux
  • la connexion à la nature
  • la connexion à la spiritualité

Avec la connexion nous nous sentons reconnectés à notre corps, en lien avec les autres, connectés à la nature, et en harmonie avec la dimension spirituelle. 
Tout ce qui fait l’épanouissement et le bien-être 🙂 

A l’inverse, quand il y a une rupture dans notre sentiment de connexion, comme la déconnection de son corps et de ses émotions, une tension dans une relation, une coupure d’avec la nature ou une errance spirituelle, nous aurons alors des difficultés à se reconnecter à notre sentiment de sécurité et à nous réguler, avec au plus bas un ressenti de désespoir et d’isolement en vagal dorsal…. pas glop.

La solution ? Elle existe !
Se reconnecter à soi, aux autres, à la nature, à ce qui nous inspire et nous anime, nos besoins, nos valeurs, nos talents et notre âme d’enfant !

Ca semble trop beau, et trop simple, pour être vrai ?

Comme dirait Deb Dana :

« C’est simple, mais c’est pas facile »

Cela dit… il suffit parfois de remettre un peu de couleur(s) et de je(u) dans notre quotidien… démonstrAction :

 
« Alike », un court métrage de Daniel Martínez Lara & Rafa Cano Méndez

Alors à toi de jouer, Maître du Je(u), mission régulAction !

Et maintenant ? 

Comme je le disais en début d’article, j’ai PLEIN de ressources pour explorer et décortiquer la TPV, à commencer par mon livre « Le POWER du Je(u) » et ma formAction-coaching « POWER« , mais aussi plein d’articles accessibles librement sur ce site. 

En voici une sélection efferveSciente : 

💡 Version scientifique, ma découverte de la TPV avec Ludo en 2018 🤓

Un article publié une trilogie de jours après ma formation initiale à la TPV, avant de sortir la fameuse vidéo sur la TPV que j’actualise aujourd’hui via cet article.

Si tu es nostalgique, la vidéo en question (qui ne traitait pas de traumas et n’insistait pas assez sur le côté autonome de la chose)

 
Elle mériterait une petite mise à jour, où j’appuierais plus sur le côté « autonome » de nos réactions primaires…

💡 Version grand public, une invitation à habiter sa maison et observer ses états d’après le guide du débutant de Deborah Dana 🏡

Une réflexion sur les liens entre burn-out (mon expertise première) et TPV, basé sur le guide du débutant de Deb Dana (qui n’est plus accessible à ce jour), en un article efferveScient et une vidéo pédagogeek : 

 

💡 Des émotions aux états (et vice versa) 🎭

Parce qu’états et émotions sont liés, un article avec des fiches illustrées pour faire les liens entre états et émotions, et choisir la clé de lecture qui t’es la plus accessible (par exemple moi, qui suis dans le spectre de l’autisme, je décode mieux les états que les émotions) 🙂 

💡 L’injonction à la SuperFormance en mode Star Wars pour jouer avec la Force 🤖

Une exploration de l’impact des messages contraignants, ou « drivers », sur nos états, et comment la Théorie PolyVagale peut nous aider à reconnecter avec notre corps et cultiver notre Force : une pépite pédagogeek comme j’aime les proposer, complètement hors des cases !

 

💡 Sur l’urgence de ralentir et de sortir du trop de sympathique 🙀

Un décodage des mécanismes physiologiques du burn-out, et comment la clé de lecture de la Théorie PolyVagale peut nous sortir des états subis chroniques, de l’injonction au sympathique chronique à la décompensation en vagal dorsal qu’est le burn-out. 

💡 Sur l’importance du corps et du mouvement pour se mettre en confiance 👟

Parce que le « Think Positive » n’a plus vraiment lieu d’être quand on sait que c’est notre état qui écrit l’histoire… Descartes est dépassé, maintenant le corps prend le pouvoir sur le mental avec la Théorie PolyVagale

💡Pour jouer avec le FLOW grâce à la TPV 🌊

Parce que le level ultime de la Théorie PolyVagale c’est de pouvoir jouer avec notre énergie, notre motivation et notre créativité voici une réflexion sur les liens entre l’état de flow et les états de la TPV 🙂 

Sans oublier LA ressource qui les unit toutes, mon livre sur la Théorie PolyVagale en relecture du stress et du burn-out et en précieuse ressource pour jouer avec son énergie et avec le flow 📗

Enfin si tu veux aller encore plus loin, si toi aussi tu as un esprit efferveScient et tu aimes faire des liens tu vas t’éclater à explorer et décortiquer la TPV avec moi dans ma formAction efferveSciente POWER 💎

Et si tu veux savoir si POWER est fait pour toi… regarde la vidéo version longue de l’article, la masterclass, les bases 3.0, c’est un bel aperçu de ce que je peux proposer dans POWER 🙂 :

 

Et pour finir cet article sur les bases de la TPV actualisées, voici une introduction à la Théorie PolyVagale en musique
(parce que les experts conférenciers américains ont le sens du spectacle)

 
Polly Vagal Blues, par Robert Schwarz and Michael Reddy

*Pour plus de ressources de Deb Dana tu peux télécharger (avec son accord) La Théorie PolyVagale : le guide du débutant, en version française (partagé avec son accord), et visiter son site web Rythm of regulation pour plus de cours et de ressources (en anglais). Merci à elle 🙏