Question : qu’est-ce qui fait qu’on va aller jusqu’à l’épuisement ?
Qu’est-ce qui fait, dans une entreprise donnée, qu’une personne va se surinvestir jusqu’à faire un burn-out, alors que d’autres sauront s’arrêter avant ?

Alors oui il y a les messages contraignants, mais ils sont les mêmes pour tous, dans notre société capitaliste et compétitive.
Et pourtant là encore certains sauront s’en détacher, et d’autre s’y perdront… mais pourquoi ?

Et si la réponse était encore plus en amont, avant même les injonctions éducatives, sociétales et professionnelles ? 
Et si ça venait de la prime enfance, et de familles à tendance toxiques et dysfonctionnelles ?

Cette hypothèse c’est celle de Marie-Anna Morand, experte en Sciences de l’éducation, passionnée d’éducation et de philosophie, qui explore notamment les enjeux éducatifs et philosophiques cachés derrière les blocages professionnels.

C’est à la fois très innovant et très parlant. Et justement, j’avais très envie qu’elle nous en parle aujourd’hui, pour creuser la question du burn-out jusqu’à ses origines les plus précoces, dans un discours que je n’avais jusqu’alors jamais entendu formulé ainsi.

La parole est à Marie-Anna :


Pour retrouver Marie-Anna Morand : sur son site :: sur Youtube :: sur Facebook :: sur LinkedIn
Pour visionner le replay de sa masterclass, approfondir le sujet et découvrir son programme de formation

Du faux-self aux familles toxiques

J’ai découvert Marie-Anna Morand au Congrès Douance 2018, en même temps que le concept de faux-self de Winnicot, qu’elle introduisait.
Le faux-self, c’est le masque social que nous portons pour les interactions sociales… et c’est normal, tant qu’il ne prend pas toute la place, et que nous avons des relations et espaces assez secure pour tomber le masque. 

Un souvenir de cette conférence de 2018, avec des clés pour sortir du faux-self quand on est surdoué.e : 

Oui c’est un peu flou je sais, les scans HD sont réservés aux acquéreurs des packs des congrès 🙂 

L’introduction en plus lisible : 

C’est le deal, seule la première page est accessible publiquement de façon lisible 🙂

Dans cette conférence Marie-Anna nous présentait (entre autres) les deux types de faux-self : 

  • Le faux-self « robot » et son armure figée où on se coupe de soi et de ses besoins dans une personnalité figée mais déconnectée
  • Le faux-self « caméléon » et son armure « en creux » où on va s’épuiser à répondre aux attentes (parfois supposées) des autres

Une clé de lecture que j’ai forcément croisée avec la Théorie PolyVagale : 

Je vois le faux-self robot comme étant à dominante vagale dorsal (retrait) quand le caméléon est plus sympathique (surinvestissement)

Depuis cette conférence du Congrès Douance je suivais de près le travail de Marie-Anna, encore plus quand elle a commencé à se former à la TPV, et j’ai été particulièrement interpellée par ces dernières partages sur les familles toxiques, et leur impact sur l’accomplissement (ou non) au travail, et dans l’entrepreneuriat.

Une réflexion que nous avons abordé dans cette interview, et que tu peux approfondir dans le replay de la masterclass, que Marie-Anna a rendu disponible pour l’occasion (merci à elle, et à son équipe)

Et oui c’est lié au faux-self, mais pas que, c’est bien plus large et profond que ça, et absolument passionnant, même si potentiellement secouant… 

 

Familles toxique et épuisement

Alors déjà le mot « toxique » peut faire peur, c’est pourquoi c’est le premier qu’on adresse avec Marie-Anna : par « toxique » elle entend de « légèrement dysfonctionnel » à « franchement pervers »
Et sans aller jusqu’à citer Douglas Coupland (« Toutes les familles sont psychotiques ») il est finalement assez rare, et même franchement rarissime, d’avoir eu une famille inconditionnellement aimante et bienveillante, pour ne pas dire « bientraitante ». 

Des fausses notes ponctuelles aux franches dissonances, ce sont autant de raté dans notre mélodie du bonheur qui vont venir perturber notre relation d’attachement… et influencer notre (sur)adaptation future : 

Nous venons au monde câblés pour le lien… mais parfois la connexion n’est pas parfaite, intermittente, dysfonctionnelle, ou franchement toxique.

Alors oui le type d’attachement va impacter le mode par défaut de notre Système Nerveux Autonome, et notre faux-self, mais pas que.

Dans sa lecture Marie-Anna voit 3 impacts des familles toxiques sur leur progéniture : 

  • L’apprentissage de la relation à l’autre peut être compliqué, au point qu’il deviendra difficile de simplement être dans la relation (en tout cas sans masque)
  • Il peut être difficile, voire impossible, de trouver et habiter sa place, dans une course permanente à la « bonne » place, qu’on parte d’une « mauvaise » place ou d’une place interdite. Dans les trois cas on est un objet, pour qui rien que se penser en sujet est un challenge…
  • Le passage à l’action peut devenir insupportable, qu’on soit dans l’entrave de l’action (l’impuissance) ou dans un fantasme de toute-puissance

C’est ici un résumé très synthétique, je t’invite++ à (re)découvrir la masterclass de Marie-Anna sur le sujet, où elle reprend et surtout décline et détaille ces trois aspects, et aussi comment ils vont impacter aussi l’adulte en devenir, à la fois dans ses relations personnelles et ici profesionnelles : c’est absolument fascinant !

Je me joins à son partage en t’offrant la sketchnote complète de son intervention (mais là encore elle ne remplace pas le visionnage, surtout que j’ai cafouillé sur les 3 places possibles – bonne place / place interdite / mauvaise place)

La trilogie à surveiller, et qui pourrait t’alerter sur d’éventuelles conséquences d’une cellule familiale toxique (je te recopie ma sketchnote, deuxième page, pour plus de visibilité) :

  • Relation à l’autre impossible à vivre (masque de protection)
  • Place sociale impossible à habiter (place d’objet)
  • Pouvoir d’agir impossible à exprimer (impuissance/fantasme)

C’est un cercle vicieux, dont la prise de consciente peut être bousculante, et qui peut être entretenu autant par l’éducation que le management. 
On est alors dans une posture de défense dans les relations : défense de sa place, difficultés à  canaliser son pouvoir, culture de la compétition permanente et risque d’épuisement, pour ne citer que quelques points.
Des situations qui peuvent impacter et dysréguler le système nerveux, la Théorie PolyVagale étant là aussi une clé d’une possible prise de conscience (idéalement avant de passer par la case épuisement). On peut ainsi observer un insécurité dans la cellule familiale qui peut entrainer soit un retrait (armure figé du faux-self robot) soit une suradaptation dans l’action (on parle de « fawning » ou « people pleasing », sujet que j’appronfondirai dans un prochain article sur les états hybrides et états de défense #WorkInProgress).

OK, mais après la prise de conscience, une fois digéré qu’on est potentiellement un objet masqué impuissant (si comme moi on a une tendance aux trilogies), on fait quoi ?

Et maintenant ?

Que vais-je faire ?

Sortir de ce cerclé vicieux, ce piège dysfonctionnel, pour cultiver la trilogie opposée, vertueuse et résolument positive : 

  • Une relation à l’autre vivante, dans le jeu relationnel et la créativité
  • Une place choisie, pour donner sens à ses actes, dans une position d’humain et non plus de pantin
  • Des projets qui se concrétisent, entre juste ressource et juste contrainte, avec un vrai pouvoir dans le réel

Ensuite c’est comme pour la TPV, c’est théoriquement simple (il « suffit » de changer d’état) MAIS ce n’est pas facile, encore plus quand les racines du « mal » datent de notre prime enfance et qu’elle n’a été ni accueillante ni sécurisante. 

La première étape consiste à se trouver une figure contenante, des bras physiques et symboliques pour nous accompagner sur cette quête de vrai self, de place choisie et de vraie leadership. Je rappelle que ni Marie-Anna ni moi ne sommes thérapeutes, mais la psychoéducation a aussi son rôle à jouer, dans la prise de conscience et dans l’éducation à l’altérité, et toute la gamme de réajustements possibles associés.

Là encore je t’invite si tu veux explorer et surtout approfondir le sujet à (re)visionner la masterclass de Marie-Anna, et si tu veux commencer l’exploration éducative et la quête de nouveaux repères avec elle, elle te propose un programme de formation en ligne spécifiquement dédié à ce travail sur la relation, la place et le pouvoir, que tu peux découvrir et rejoindre ici 😉 

Entre nous je mesure+++ le chemin parcouru entre mon dernier burn-out et aujourd’hui, que ce soit en prenant conscience et relâchant mon faux-self ou à travers la Théorie PolyVagale et l’Analyse Transactionnelle pour tomber les masques et sortir des jeux de pouvoir, pour porter mes projets à ma façon et dans le respect de mes besoins spécifiques, et je ne peux que t’inviter à commencer cette quête de je(u) aussi, elle est essentielle et précieuse pour ton épanouissement sans épuisement.

Et si tu crois qu’il est trop tard, pense à Alexandra David-Néel 🖖

Allez chiche, on tombe les masques et on remet du je(u) ?! 

 
Souviens-toi il y a 3 ans, quand le reste de l’humanité semblait découvrir les masques…
Du faux-self, des messages contraignants, de la TPV et du je(u) 🙂 

Pour retrouver Marie-Anna Morand : sur son site :: sur Youtube :: sur Facebook :: sur LinkedIn
Pour visionner le replay de sa masterclass, approfondir le sujet et découvrir son programme de formation

Et si tu veux aller plus loin j’ai eu le plaisir d’être l’invitée de Marie-Anna, pour parler burn-out (physiologique et sociétal),
neuroatypies et épuisement, théorie polyvagale bien sûr mais aussi flow et souveraineté, c’est ici :