Souviens-toi en 2021, quand je te parlais de mon « burn-out autistique » et de mon « effervescience compte triple« … 
J’ai eu de la chance d’avoir une psychologue* qui m’a soufflé le terme « burn-out autistique » juste un an après qu’il ait été défini par une première publi.

Et bien il est temps d’en reparler, mais de façon bien plus informative et concrète pour toi.
A commencer par une toute nouvelle vidéo, que je suis contente de sortir pour cette journée de l’autisme** :


Pour télécharger le guide gratuit « Burn-out : les règles du Je(u) » | Si tu préfères l’objet livre
Mes livres | Apprendre à naviguer ses états dans POWER | Faire le plein de pratiques polyvagales de régulation du système nerveux dans AWARE

C’est parti pour l’article d’approfondissement !

Mais déjà, un chiffre (qui fait peur) :Les chiffres (effrayants) du burn-out autistiqueLes chiffres (effrayants) du burn-out autistique

 

Le burn-out autistique

Il a été défini en 2020 dans la première publi sur le sujet, signée Dora Raymaker et al :

« Le burn-out autistique est un syndrome conceptualisé comme résultant du stress chronique de la vie et d’une inadéquation des attentes et des capacités sans soutien adéquat. Il se caractérise par un épuisement généralisé à long terme (généralement 3 mois et plus), une perte de fonction et une tolérance réduite aux stimuli. »
Raymaker et al., 2020

On retrouve la notion propre à tous burn-out de déséquilibre (d’inadéquation) entre les attentes et les capacités/ressources, mais les caractéristiques du burn-out autistique lui sont propres :

Les trois caractéristiques du burn-out autistique d'après Raymaker et al, 2020La trilogie de signes caractéristiques du burn-out autistique d’après Raymaker et al., illustrée par moi 🙂 

On retrouve l’épuisement physique et psychologique propre à tous les burn-out, mais les deux autres signes sont propres au burn-out autistique : 

  • Perte de fonctions, notamment exécutives (comme le fait de planifier, se souvenir, organiser et les tâches exécutives), ou les tâches du quotidien et du prendre soin de soi
  • Tolérance réduite aux stimuli : les sensibilités sensorielles propres à l’autisme vont s’exacerber avec l’épuisement, et ce qui était supportable jusqu’alors devient insurmontable

Une autre représentation « diagnostique » (ou plutôt évaluative, le burn-out autistique n’étant pas plus reconnu que le burn-out dit classique) est celle issue du « Guide Ultime du Burnout Autistique«  (non traduit à ce jour) :

Les critères diagnostiques du Burn-out Autistique (traduction EfferveScience)Les critères diagnostiques du Burn-out Autistique (traduction EfferveScience)

On a ici une approche d’évaluation de l’état de burn-out, puisque qu’il faut ici les symptômes 1 et 2 et au moins un des trois suivants depuis au moins trois mois pour pouvoir parler de « burn-out autistique » :

  1. Epuisement significatif, un épuisement physique et mental tellement accablant qu’il affecte le bien-être physique et émotionnel
  2. Retrait interpersonnel : un repli social accru entraînant une réduction des interactions sociales (on choisit la solitude comme moyen d’adaptation)
  3. Au moins un des trois signes suivants :
    • Réduction du fonctionnement dans divers domaines (social, professionnel, éducatif…)
    • Plus de challenges exécutifs, confusion et/ou états dissociatifs
    • Capacité réduite à camoufler, entraînant une augmentation apparente des caractéristiques autistiques et une diminution de la tolérance aux stimuli

On retrouve un recouvrement entre les deux approches évaluatives, mais cette seconde version et plus large et plus précise à la fois.

Dans tous les cas si tu te reconnais dans ces caractéristiques : case médecin, sans forcément parler de burn-out autistique (trop peu de médecins y sont sensibilisés), mais tu peux parler d’épuisement, de surcharge mentale, de saturation, d’envie de ne plus voir personne… bref parler des symptômes sans avancer la cause (et après tu viens me voir) 😉 

Ensuite se posera la question de valider l’autisme, mais ce n’est pas la priorité prioritaire.

Cela dit…

 

Autiste or not autiste ?

Si tu t’es reconnu.e dans cette vidéo LA question qui se pose peut-être pour toi c’est : et donc je serais autiste, ou pas ?

Ce n’est pas le propos de cet article (il y a taaaaaaant à dire sur les bilans pensés pour les hommes qui ratent les femmes autistes suradaptées par exemple…) MAIS je vais te remettre les deux visuels des signes caractéristiques déjà, et j’aurais ensuite une petite surprise pour toi : 

Les caractéristiques de l'autisme d'après La ZatypieUn joli visuel avec mon amie Ici Odette que tu peux retrouver avec toutes les autres nuances d’atypies dans cet article

Je précise un point ici : nous ne manquons pas d’empathie, nous manquons d' »empathie cognitive », c’est-à-dire que nous avons du mal à mettre des mots sur les ressentis pourtant bien présents – on parle d’alexithymie, la difficultés à mettre des mots sur ses émotions.

Nous avons aussi un déficit d’intéroception (la capacité à ressentir ce qui se passe à l’intérieur de nous), qui ne nous aide pas à mettre des mots sur nos ressentis corporels… c’est pour ça que j’adore la Théorie PolyVagale (dont on reparlera) pour accéder à mes états corporels et en déduire mes émotions, mais c’est une autre histoire…

Autre représentation, celle du DSM mais traduite en version non validiste par Nicolas Galita

Les caractéristiques de l'autisme : le DSM non validiste d'après Nicolas GalitaLes caractéristiques de l’autisme : le DSM non validiste d’après Nicolas Galita

Nicolas Galita a repris les critères du DSM, la bible diagnostique américaine, pour les reformuler de façon non validistes.
Les « déficits » et autres « intolérances » y deviennent des particularités, et c’est bien plus engageant 🙂 

Pour être reconnu.e autiste il faut donc :

  • 3 critères externes A sur les 3 possibles :
    • Communication verbale atypique
    • Communication non-verbale atypique
    • Construction atypique des relations
  • 2 critères internes B sur les 4 possibles :
    • Comportements vocaux-corporels répétitifs
    • Psychorigidité (inflexibilité)
    • Intérêts intenses et monotropisme
    • Hyper ou hypo-sensorialité avec ou sans recherche sensorielle

Je laisse Nicolas te présenter plus en détail ces différents critères, dans une double vidéo particulièrement bien faite (parce que là encore ce n’est pas l’objet de l’article, et qu’il fait ça bien mieux que moi) :

 
La partie 2 de la vidéo est cachée ici – contre une adresse mail 😉

La partie qui m’intéresse particulièrement sur les critères de l’autisme, ce sont les particularités de nos systèmes nerveux…

 

Un système nerveux en surcharge

Le burn-out autistique peut être vu comme une dysrégulation chronique du système nerveux.

Il n’est pas un « trouble de l’adaptation » comme on le dit trop souvent, mais la conséquence d’un trop de stress chronique sur fond de suradaptation permanente de notre système nerveux, dans un environnement pensé pour les allistes (non-autistes).

C’est la conclusion logique d’un excès d’activation en mode sympathique. L’individu va alors s’effondrer en vagal dorsal, comme un shutdown au temps long, en réponse à cette hyperactivation chronique qui n’est pas tenable sur la durée.

La fenêtre de tolérance

Si on prends le concept de fenêtre de tolérance de Dan Siegel, et qu’on y ajoute une dose de Théorie PolyVagale ça donne :

La fenêtre de tolérance de Dan Siegel avec un prisme autistique et polyvagalLa fenêtre de tolérance de Dan Siegel avec un prisme autistique et polyvagal

La fenêtre de tolérance est la zone de fonctionnement optimal où on peut gérer de façon efficace et fluide son stress.
C’est très lié à l’état de Vagal Ventral où on va gérer le stress par l’entraide et la connexion à l’autre.

Cette fenêtre est encadrée de deux zones « hors fenêtre » où on va aller dans des réponses aux stress plus intenses : 

  • Une zone d’hyperactivation qui correspond à la mobilisation sympathique (lutte ou fuite)
  • Une zone d’hypoactivation qui correspond à la réponse de figement vagale dorsale (je t’ai dit que c’était très lié à la TPV 😉 )

Ca c’est le schéma classique.

Les autistes ont quelques particularités supplémentaires :

  • Notre système nerveux est hautement sensible, comme on le voit notamment avec les hypersensorialités
  • Notre fenêtre de tolérance est plus réduite, de par le coût énergétique de notre suradapation (dont on reparlera)
  • Nous avons moins de flexibilité du système nerveux, ce qui traduit un moindre tonus vagal, qui nous empêche de naviguer avec fluidité entre les différents états

L’autre particularité prépondérante dans l’épuisement autistique c’est le coût du masquage, mais il mérite un chapitre à lui tout seul !

Le coût du camouflage

On parle beaucoup de ‘masquage’ ou ‘masking’ par abus de langage, mais le masquage n’est qu’une composante de ce qu’on appelle le camouflage, composé de trois techniques plus ou moins conscientes : 

  • Compensation : mimer et copier les personnes allistes
  • Masking : activement supprimer ses traits autistiques
  • Assimilation : s’engager dans des comportements qui ne sont pas naturels et bien souvent inconfortables

Si le camouflage a certains avantages, comme celui de passer pour alliste (non-autiste) et pouvoir naviguer dans un monde non-autiste et donner le change dans les mondes scolaires et du travail, il vient avec des coûts énergétiques conséquents.

On peut notamment faire le lien entre masking et burn-out, avec les caractéristiques suivantes :

  • Déconnection du self qui rend plus compliqué d’identifier les stresseurs internes et d’y répondre
  • Réponses de fawning & de people pleasing qui te conduit souvent à oublier tes propres besoins pour satisfaire les autres
  • Sollicitation accrue du cortex préfrontal pour intellectualiser le monde qui nous entoure et nos interactions
  • Paradoxe du masking : plus et mieux on masque plus on a l’air normal.e, et moins on est accueilli.e dans nos besoins spécifiques et notre vécu de stress
  • Non-respect de ses instincts d’auto-régulation, de notre capacité à stimmer et à s’autoréguler naturellement, faute de s’y autoriser

L’ensemble participe à nous couper de nos ressentis émotionnels et de stress, nous faisant foncer vers le burn-out autistique sans même le réaliser.

On retrouve donc le déni propre à tous les premiers burn-out, mais aussi cette tendance qui ne se limite en fait pas aux seul.e.s autistes de porter des masques… et là je te renvoie à mon article sur le faux-self (qui date d’avant mon diag d’autiste, c’est pour ça que je n’en parle pas encore), et/où à cette courte vidéo :

 
Parfois j’arrive à faire des courtes vidéos… 😀 L’article ici

LA question étant à quel point le masque autistique est lié ou non au faux-self (je les vois un peu comme un continuum, le masking étant plus intense et coûteux en énergie), mais l’idée est que nous portons tous un masque social dans les contextes d’interactions humaines… et c’est normal, sauf quand ça devient trop envahissant !

Du masquage au faux self : "Tout le monde porte un masque, enfin évidemment c'est une métaphore, un symbole : nous refoulons nos désirs les plus secrets pour donner une image de nous qui soit socialement acceptable"

« Tout le monde porte un masque, enfin évidemment c’est une métaphore, un symbole : nous refoulons nos désirs les plus secrets pour donner une image de nous qui soit socialement acceptable »
Le psychotruc dans The Mask avec Jim Carey

LE vrai problème c’est le coût énergétique quasi constant d’entretenir un masque.

Comme on l’a vu avec notre amie Elsa, porter un masque (ou pour elle des gants) en permanence c’est épuisant. Et illusoire. Et éreintant.

Ce n’est pas pour rien que la regrettée Cécile Bost parlait de « cope-out », pour mettre en avant l’épuisement par suradaptation, avant même qu’on envisage de parler de burn-out autistique, qui en serait le paroxysme. 

Sans oublier que porter un masque dès la prime enfance nous coupe de notre enfant intérieur, de ses talents et de ses besoins :

 
Reine des Neiges, analyse transactionnelle et stress-défense appliquée… on est d’accord qu’elle est autiste Elsa ?

Alors on tombe les masques ?

Ce n’est pas SI simple, on le verra dans la partie prise en charge, mais avant comprenons un peu mieux le burn-out autistique…

 

Comprendre le burn-out autistique

Le côté physiologique de la Force

Alors ça va bientôt faire 20 ans que j’explore et enseigne la physiologie du burn-out, sans compter mes expérimentations personnelles, et j’arrive à la conclusion que le burn-out autistique, s’il a des causes qui lui sont propres, suit le même mécanisme physiologique qu’un burn-out dit « classique » dans son évolution.

On retrouve donc les étapes suivantes, avec nos petits bonhommes polyvagaux, d’après la nosographie du Dr Lechemia :

Burn-out autistique et Théorie PolyVagale : les grandes étapes de l'épuisementBurn-out autistique et Théorie PolyVagale : les grandes étapes de l’épuisement

Le Dr Lechemia, expert en burn-out que j’ai interviewé ici, tient particulièrement à cette nosographie en 5 étapes, pour mieux prendre conscience des étapes successives et d’où on se situe dans le processus… et où on risque d’aller si on ne lève pas le pied… ce qui est fort utile quand on sait combien le déni est fréquent sur un premier burn-out, ou encore plus compliqué quand on ignore encore qu’on est autiste sur un burn-out autistique.

  • Nous avons donc d’abord notre ami qui gère le stress dans le stress normal et le surstress maîtrisé : c’est Mister Vagal Ventral, avec des pics en sympathique le temps de gérer la situation perçue comme stressante (hyperactivation), mais il peut revenir à son vagal ventral (avec une dose de dorsal choisi idéalement) pour récupérer et refaire ses réserves de cortisol.
  • Quand le surstress s’installe on est en permanence en mode (sur)activé, c’est le surtress dépassé en sympathique, plutôt dans un mode lutte, parce qu’on va forcer pour tenir… attention à l’inflammation ! Et attention à ne pas basculer vers…
  • Mister vagal dorsal, celui de la rupture et de l’effondrement : tu es à terre, figé, épuisé, incapable de bouger, condamné à ralentir pour récupérer. 
    Ce qui est la réponse physiologique la plus adaptée pour te préserver, mais peut mener à des somatisations dramatiques.

Et oui on retrouve le mécanisme du shutdown sur un temps long, avec un extrême sympathique (qui peut avoir ses pics de meltdown) qui vont aller vers du shutdown de repli sur soi. 

Un petit peu de physiologie maintenant, pour mieux comprendre le pourquoi des effets spéciaux de l’épuisement :

Les trois étapes du syndrome général d'adaptation... avec des pilesLes trois étapes du syndrome général d’adaptation… avec des piles

La phase d’alarme est un stress normalement résolu (on retourne au vert), alors que quand la résistance s’installe sur la durée on a des stress répétés et/ou chroniques qui vont progressivement dépasser nos ressources (ce que le Dr Lechemia appelle « surstress », qui correspond à une hyperactivation), et l’épuisement correspond au climax du stress (et du cortisol – ici en orange), qu’on appelle « burn-in » avant la décompensation en « burn-out » – le « game over », quand on est à terre, et qu’il va falloir recharger ses batteries ET travailler sur son écologie et son rapport au travail pour pouvoir repartir… ou pas. 

Je le redis donc ici : le burn-out autistique (mais pas que) est la réaction normale à un trop de surstress chronique couplé à une surdadaptation permanente. 

Là où le burn-out autistique est particulier, c’est que le lit de l’épuisement s’est fait sur des années de surdaptation permanente bien souvent inconsciente – le burn-out autistique étant le nouveau « tiens je ressemble à mon enfant diag » de la prise de conscience de son autisme. 
Ca veut dire qu’on a passé des années dans un climat biologique de stress chronique, de par nos sensibilités nerveuses et sensorielles, le coût énergétique du masquage et celui du stress de nos sociétés allistes validistes capitalistes et patriarcales : ça veut dire des années à cumuler du cortisol dans notre organisme. 

On retrouve donc ici le terrain inflammatoire de maladies inflammatoires et auto-immunes, sur-représentées chez les autistes, mais aussi de syndromes dépressifs bien installés, car n’oublions pas que le cortisol détourne les voies de synthèse de la sérotonine et de la dopamine, entrainant des carences qui vont créer un syndrome dépressif, d’où selon moi les 98% de dépressions associées au burn-out autistique d’après le Guide Ultime (qui n’a pas eu lieu chez moi car je me suis complémentée, CQFD).

Et du côté psychologique de la Force ?

Je ne reviens pas sur les spécificités de notre système nerveux autonome, ni sur le coût énergétique du camouflages, qui sont si importants qu’ils ont déjà été traités, mais il y a des traits psychologiques dans le burn-out, qu’on va travailler en coaching, à commencer par le « pourquoi » de notre surinvestissement…

On pourrait parler de la réponse de fawning, le quatrième « F » avec « Fight, Flight et Freeze » des réponses adaptatives (qui fera l’objet d’un futur article sur les états mixtes et de survie), qui nous coupe de nos besoins pour être accepté.e socialement en faisant plaisir aux autres (son autre petit nom c’est « people pleasing » – parlant non ?!)

On pourrait aussi parler de l’estime de soi et des limites, qui interrogent sur le pourquoi on va jusqu’à la décompensation, le crâmage le plus total, celui où on va passer des mois à se reconstruire.

Mais on va surtout parler des injonctions qui font le terreau de tout ça, nos messages contraignants :

Le culte de la SuperFormance : nos messages contraignants Le culte de la SuperFormance : nos messages contraignants

On pourrait écrire un livre sur le sujet (j’en suis à deux à vrai dire, « Le POWER du Je(u) » pour la physio mode d’emploi et « Patriarchat mode d’emploi » pour un essai sociétal et félin), tu peux déjà lire mon article sur la « Génération Stormtrooper » et/ou regarder cette vidéo :

 
Génération Stormtrooper : la menace pas si fantôme…

Les messages contraignants nous biberonnent au surinvestissement, nous faisant modéliser des Super Héros même pas humains, et participent au fait que nous portions tous, à un certain niveau, des masques… alors on en fait quoi ? On retire les masques ? On arrête les cookies ?

Passons à la prise en charge…

 

Accompagner le burn-out autistique

J’ai un cadeau pour toi qui m’a lue jusqu’ici : LE protocole de sortie de burn-out, celui proposé dans « The Ultimate Guide to Autistic Burnout« .

Il est en fait relativement simple, mais simple ne veut pas dire facile à mettre en place, surtout tout.e seul.e… encore plus quand on n’a pas mis l’étiquette « autistique » sur son ou ses burn-out.

C’est un protocole en 5 étapes :

  1. Identifier les causes : observer et lister ce qui draine ton énergie (ce qu’on appelle « triggers », ou « vampires énergétiques »)
  2. Se retirer temporairement : c’est le moment de l’arrêt, il est essentiel pour récupérer
  3. Restructurer ton environnement : c’est le travail sur les causes externes de l’épuisement, pour optimiser la récupération puis préparer la reprise
  4. Se réénergiser : augmenter les activités qui te donnent de l’énergie et cultiver tes intérêts intenses
  5. Revenir progressivement dans le monde, avec la règle des 50% : je commence par faire moitié moins que ce que je me pense capable de faire, puis j’observe et j’ajuste

Alors dans les faits, avec mes maintenant 10 ans d’accompagnement et au fil des échanges avec les médecins avec qui je collabore j’aurais tendance à dire qu’on va en fait commencer par l’étape 2, celle de l’arrêt, parce que saturation, décompensation et/ou autres somatisations à répétition de type douleurs chroniques, troubles digestifs, troubles du sommeil…

Souvent il y aura même un temps entre l’arrêt de travail et le fait d’accepter le diagnostic de burn-out, parce que déni, et encore plus longtemps pour y ajouter l’adjectif « autistique », parce qu’encore trop méconnu et qu’on peut mettre du temps à identifier toutes ses étiquettes (voir ma conférence sur le continuum de la différence).

 
Sur la difficulté de trouver ses différentes étiquettes…
(la fille qui a totalement oublié qu’elle avait déjà des diapos sur le burn-out autistique et le cope-out dans ce support………….)

Revenons à notre protocole.

La première étape c’est de reconnaître et d’identifier les causes de notre épuisement, notamment tous les triggers qui vont pomper notre énergie.

Ca je le fais (faire) sur ma fameuse fiche que je t’offre ici de la « potion de Maître du Je(u) », avec d’un côté les activités et situations vampirisantes, et de l’autre les ressourçantes :

LA potion de Maître du Je(u) : l'outil le plus précieux pour sortir d'un burn-outLA potion de Maître du Je(u) : l’outil le plus précieux pour sortir d’un burn-out
(fais un clic droit « enregistrer sous » pour récupérer la fiche et la compléter)

C’est le fil rouge, ou plutôt bleu aujourd’hui, de l’accompagnement de tous les épuisements, y compris le burn-out autistique :

  • Les activités vampirisantes vont te permettre d’identifier les triggers ou déclencheurs qui te pompent ton énergie, c’est la première étape
  • C’est à partir de ces activités et situations qu’on va retravailler l’environnement, c’est l’étape 3, on va supprimer et déléguer au maximum ce qu’on aura identifié
  • C’est avec les activités ressourçantes qu’on va te ré-énergiser, c’est l’étape 4, et tous tes outils d’auto-régulation viendront de cette liste
  • Enfin on a au milieu les activités neutres, celles qui coûtent peu ou pas d’énergie, qui vous nous aider pour préparer la reprise en étape 5

Un exercice essentiel et central… qui peut être compliqué à compléter quand on a un déficit d’intéroception et une alexithymie, à savoir du mal avec ses ressentis et ses émotions…

Et c’est là qu’arrivent les fameuses cuillères de Christine Miserandino :

La Théorie des Cuillères de Christine MiserandinoLa Théorie des Cuillères de Christine Miserandino

Ce qui te coûte le plus de cuillères ira donc dans le vampirisant, et ce qui t’en rapporte dans le ressourçant 🙂 

L’objectif étant de ne pas terminer en déficit de cuillères déjà, mais aussi d’avoir en permanence conscience de son stock restant de cuillères et du « taux de change » du moment, à savoir le coût en cuillères de nos actions principales, qui pourra changer avec notre niveau d’énergie du moment. Une invitation à l’intéroception permanente, donc.

Et c’est là que la Théorie PolyVagale pourra aider. 

Courte intro :

 
Une introduction à la Théorie PolyVagale, d’après « Notre monde polyvagal » de Stephen & Seth Porges

Nous avons donc trois états qui vont coexister et qui vont teinter la façon dont on va percevoir le monde à chaque instant :

Les trois états de la Théorie PolyVagale, et comment ils écrivent notre histoireLes trois états de la Théorie PolyVagale, et comment ils écrivent notre histoire

Tous les états sont ok et là pour nous préserver, et les identifier va nous permettre de prendre conscience de notre niveau de stress perçu et donc du risque d’épuisement (trop de sympathique), d’anxiété ou de meltdown (pics de sympathique), de shutdown ou de burn-out (excès de vagal dorsal).

Mais il n’y a pas que le côté obscur du stress dans nos états, il y a aussi des états choisis qui font notre terrain de je(u) : 

La Théorie PolyVagale est un je(u) : les états choisis La Théorie PolyVagale est un je(u) : les états choisis

L’idée est de sortir du « tout mode action » permanent pour cultiver (aussi) le mode repos, celui du vagal dorsal « choisi » (avec une dose de vagal ventral), qui nous permet de refaire le plein de cuillère pour repasser ensuite à l’action de façon épanouissante et écologique 🙂 

Je ne vais pas détailler ici le pourquoi et le comment du savoir dire non, d’identifier ses besoins ou de poser ses limites, on les explore dans POWER et/ou en coaching, et le comment dépendra du cheminement de chacun.e… voyons donc comment aller plus loin !

 

Pour aller plus loin

Tu peux déjà télécharger mon guide gratuit « Burn-out les règles du Je(u)«  qui présente le burn-out, comment le reconnaître et que faire si on est concerné.e : 

Télécharge ton guide gratuit "Burn-out les règles du je(u)" sur https://effervescience.fr Télécharge ton guide gratuit « Burn-out les règles du je(u)« , ou commande la version papier

Il n’y a pas les spécificités du burn-out autistique, qui fera l’objet d’un futur ouvrage (enfin si tu veux ?), mais la lecture de ce guide reste très à propos et les conseils proposés encore plus !

Et pour les amoureux.ses de l’objet livre, ce petit guide est disponible en version papier toute pas chère (enfin aussi peu chère que je puisse le proposer pour un guide en couleurs) sur Amazon, avec la préface inédite du Dr Lechemia 🙂 

Et pour aller encore plus loin…

Les lectures & les formations

Alors il n’y a basiquement RIEN en français de qualitatif sur le burn-out autistique si tu cherches dans le circuit des librairies classiques.
C’est d’ailleurs ce qui m’a donné l’envie de proposer mon propre ouvrage, j’attends vos commentaires (j’ai déjà le « carnet projet » 😀 ) !

Je peux quand même citer le travail de qualité d’Amandine Legrand qui propose un guide et un webinar sur le burn-out autistique sur son site « Psyautisme » (voir « mes guides » et « mes conférences »), ou bien la toute nouvelle formation de Julie Dachez sur le burn-out autistique, qui est une bonne introduction, mais c’est à ma connaissance tout pour l’instant.

En revanche pour les personnes qui lisent l’anglais il y a les deux livres qui m’ont servi à rédiger cet article, et concevoir cette vidéo : 

Les livres en anglais sur le burn-out autistiqueLes livres en anglais sur le burn-out autistique

Nous avons donc deux ouvrages de référence que je te recommande si tu lis l’anglais :

  • The Ultimate Guide to Autistic Burnout : un livre autoédité qui fait le tour du sujet et d’où je sors l’infographie et le protocole de cet article, qui a par contre des redondances de par une partie « professionnels de santé » (qui reste accessible) et une partie grand public, avec un plan commun. On va dire que la répétition aide l’info à rentrer… 
  • The Autistic Burnout workbook qui est une vraie pépite du prendre soin de soi en tant qu’autiste, avec ou sans burn-out autistique d’ailleurs : c’est un guide pratique qui devrait être entre toutes les mains des personnes autistes, je ne peux que croiser les doigts qu’il sera traduit un jour !

Explorer la TPV et le burn-out avec mes livres efferveScientsExplorer la TPV et le burn-out avec mes livres efferveScients

Et je ne peux pas ne pas citer mes propres ouvrages, où je mentionne dans chacun le burn-out des profils atypiques : 

  • Dans « Le POWER du Je(u) » on approfondit la Théorie PolyVagale de façon ludique, illustrée et pratique, avec un chapitre où je t’invite à remplacer « zèbres » par « autistes » pour qu’il soit encore plus juste et dans le thème de l’article du jour 😉 
  • Dans « Patriarchat mode d’emploi » j’explore le terreau sociétal du burn-out, du patriarcat au patriarchat, dans un bestiaire imagé et poétique (et un peu politique aussi), avec un chapitre où on explore le pourquoi de l’épuisement des profils HPI (mais pas que), TSA, TDAH, dys et hypersensibles, avec des mentions du burn-out autistique 🙂  

Ou si tu préfères une ressource gratuite tu peux regarder ma masterclass sur la Théorie PolyVagale, et explorer pourquoi la TPV est une clé de lecture précieuse pour se reconnecter à soi, son corps et ses états, prendre soin de son énergie et trouver son écologie : 

 
Ma vidéo la plus vue sur la Théorie PolyVagale, que tu peux approfondir dans cet article

Et si tu as aimé ma masterclass tu vas adorer ma formAction POWER, pour avoir un max de clés théoriques et d’outils pratiques pour te reconnecter à tes états, tes besoins et tes limites !
C’est l’équivalent d’un coaching 12 séances mais que tu suis à ton rythme, avec des masterclasses d’approfondissement et des RDVs mensuels pour poser toutes tes questions (en plus de l’espace commentaire et du groupe facebook), clairement ma formation la plus complète et aboutie sur la TPV à ce jour 🙂 

Plus accessible et purement pratico-pratique tu as AWARE, ma formAction la plus récente qui regroupe toutes les pratiques polyvagales de régulation du système nerveux autonome que j’ai pu réunir au fil de ces huit années à explorer la TPV (soit plus de 80 pratiques !). C’est la formation pensée pour étendre ta fenêtre de tolérance et gagner en flexibilité vagale sans s’embarrasser de théorie, et je l’ai voulue accessible 🙂 

Enfin si tu préfères une approche personnalisée, et qu’on relise ensemble ton burn-out autistique, qu’on fasse le point sur tes triggers et tes ressources et qu’on construise ensemble un projet épanouissant, écologique et respectueux de tes besoins il y a le coaching individuel, en 3 ou 6 séances idéalement, sachant d’un profil autiste peut aller très vite et qu’on peut déjà faire beaucoup en 3 séances 🙂 

Objectif Je(u), toujours

Qu’on aille on pas plus loin ensemble, je veux te laisser avec ce message, cette invitation : objectif je(u), toujours !

Objectif Je(u), toujours !Objectif Je(u), toujours !

Objectif Je(u) c’est se souvenir, toujours, que toi et tes besoins êtes ta priorité, et que tu ne dois jamais oublié de nourrir ce qui te fait plaisir !

Ce qui veut dire être au clair sur ses besoins, premier challenge (je n’ai pas dit que c’était facile, là encore c’est simple mais pas forcément facile), et s’autoriser à se faire plaisir aussi (ce qui peut être un autre challenge si on a un vécu traumatique et/ou beaucoup de people pleasing)… et oui, on peut le travailler dans POWER ou en coaching 😉 

Ca rejoint une des conclusions de « The Autistic Burnout Workbook« , qui est de cultiver les principes de jeu et de plaisir.
J’y ajouterais les besoins et les limites, et bien sûr être super au clair sur ce qui apporte de l’énergie et ce qui en prend, et pour ça tu as ma fiche à télécharger, ou a reproduire, LA base de tout travail post burn-out, qu’il soit autistique ou non.

Et j’aimerais te laisser avec un dernier exercice que je mentionne dans la vidéo, l’Ikigai, que je présente dans cet article, et qui va te permettre de trouver ton cap (parce que je tiens mes promesses) :

 
L’Ikigai, l’outil ninjaponais pour trouver un projet de vie épanouissant

Il y a une matrice de l’Ikigai dans cet article et dans mon guide « Burn-out les règles du Je(u) » : n’oublie pas d’y faire figurer tes intérêts intenses (dit spécifiques), ils sont un facteur de protection contre l’épuisement, même si on peut s’épuiser sur un métier passion si on ne travaille pas aussi les besoins et les limites…

Alors à toi de jouer, objectif je(u) toujours, et surtout et avant tout : prends soin de toi 🖖

*J’ai mis le lien de ma psychologue car je la recommande sur les bilans autisme adaptés aux femmes suradaptées #moijedisça #jesaisquevousallezdemander
**Pour la petite histoire j’ai eu l’idée de faire cette vidéo (et donc ce support) il y a moins d’une semaine, en me demandant quoi faire pour la journée de l’autisme… comme quoi ça a du bon d’explorer ses talents & ses intérêts spécifiques 😉 (même si je me fatigue des fois…)