Il était une fois, dans une galaxie pas si lointaine, une bisounoob perfectionniste et idéaliste.
Une bisounoob qui voulait toujours tout bien faire comme il faut, et qui ne savait pas dire non.
Jusqu’à ce que PAF, le mur !

Cette bisounoob, c’est moi.
Moi et mes 3 burn-out, moi et mon game over puissance 3.

Une trilogie de défaites que j’aimerais partager, parce que même si la pédagogie est mon épée, et l’humour mon bouclier, c’est important que tu comprennes combien le burn-out est un ennemi destructeur et violent.

 

Episode 1 : le côté obscur de mes limites

Le premier burn-out, c’est souvent celui qu’on ne voit pas venir.
J’étais jeune, je ne bossais pas depuis si longtemps que ça, je me croyais invincible, je vivais mes passions à 100 à l’heure (j’étais photographe à l’époque, à côté du boulot), je bossais consciencieusement, beaucoup, beaucoup trop.
Puis j’ai été stoppée net. Littéralement. Stoppée. Net.

Obligée de m’asseoir des heures dans l’escalier d’un métro avant de me traîner chez moi pour ne plus me relever. Tétanisée de fatigue et de douleur, anéantie par des nuits d’insomnies, sans rien comprendre de ce qui m’arrivait.
Ok j’étais stressée, fatiguée, dépassée un peu, mais je tenais bon ! J’allais tenir, je devais tenir, non ?

Puis il y a eu l’épuisement physique, les infections, l’incompréhension, la honte aussi, une dépression, parce que trop de choses trop dures à gérer. Une période moche.

egg@work “burnout” par Cibi1974

egg@work “burnout” par Cibi1974

Un message que j’ai tiré de ce premier burn-out : je suis faillible, imparfaite, fragile, et surtout je ne contrôle rien.
Et le corps n’est pas une machine si bien faite, il peut faire grève ! Et il sait se faire entendre !

Mais l’organisme est fort et le mental encore plus, je suis repartie, et j’ai changé de boulot peu après. Deux fois. Et j’ai trouvé un boulot avec du sens, de la créativité, j’étais bien… consciente de mes failles, mais bien.

 

Episode 2 : oublier ses limites

La vie avait repris son cours, passionnante, dévorante… exigeante aussi, trop parfois. Quand le stress s’est accumulé, que mes finances ont échappé à mon contrôle et que ma charge de travail m’a semblé trop importante pour mes ressources, je me suis retrouvée partagée entre freiner et aider.

C’est un peu mon problème en tant que bisounoob : j’avais un boulot avec du sens, j’avais envie de créer, produire, être utile. J’aurais pu partir, mais le travail me plaisait, il y avait comme un conflit, une ambiguïté… Pourquoi quitter un boulot qui a du sens ?

Un remplacement, des projets motivants, et me voilà de nouveau aveuglée et en train de foncer de nouveau dans le mur… que j’ai bien plus senti passer cette fois !

Le corps n’aime pas répéter plusieurs fois la même chose. Quand il doit le faire, il n’attend pas aussi longtemps, et il crie plus fort. Pour ce second burn-out j’ai enchaîné les infections, et les sur-infections en bonus. J’ai été à moitié sourde plusieurs semaines, mon tympan n’avait pas tenu, mes reins non plus, mon sommeil brillait par son absence, mon corps entier était douloureux et inflammé, un vrai incendie intérieur !

Puis le gel brutal, en même temps que l’épuisement m’achevait. 32°C ! Au lieu de mettre sur stop, mon corps avait choisir l’option « freezer » ! Je devais boire de l’eau bouillante pour réactiver la machine ! Moche, violent et effrayant !
Depuis je ne fais plus de fièvre : quand je suis malade, je me refroidis, et mes fonctions ralentissent. Un côté serpent ?

Avec le recul je note que chaque burn-out est plus rapide, et plus violent que le précédent.

Cette fois j’ai réagis, vraiment, j’ai travaillé sur moi et mon perfectionnisme, mes limites aussi. J’ai revu mon alimentation, fait du sport, un tatouage même, pour me rappeler de ne pas rechuter !
Entre mon médecin, les livres et le web, je me sentais mieux armée, mieux équilibrée, le sport était ma soupape entre le pro et le perso, j’étais sereine.

Sauf que quand tu es déjà tombée 2 fois ton équilibre est en fait très instable…

 

Episode 3 : l’anéantissement

Plus tu as subit des burn-out, plus tu risques de récidiver. Même armée. Même en le voyant venir. Et même avec de bonnes habitudes et un tatouage de rappel !

Il suffit d’une accumulation, un contexte, trop de problèmes, trop de stress, trop de missions, trop de postes, pas assez de temps. Quand j’ai commencé à ne plus voir le sens d’un boulot qui me plaisait, que je ne me sentais plus alignée avec mes valeurs, détachée des autres et de ceux que j’aimais, j’ai lutté un peu, il fallait bien que les projets avancent, puis je suis tombée encore. Plus bas que jamais.

Brisée, anéantie, incapable de tenir debout, une nouvelle fois, mais pire que tout.

egg@work “trop de pression” / “too much pressure” par Cibi1974

egg@work “trop de pression” / “too much pressure” par Cibi1974

Ma canne a été ma meilleure amie pendant plusieurs semaines, quand j’arrivais à sortir.
Mon dos mon pire ennemi.
Puis on a fait une relation alternée entre ma canne et ma ceinture lombaire.
Et j’ai pu remarcher, quelques heures par jour, doucement.

Aujourd’hui, 2 mois plus tard, j’ai pu reprendre le sport, en mode tranquille (yoga, pilates, un peu de fitness avec beaucoup de récup). Mais mon dos reste affreusement douloureux, et surtout mes réserves désespérément vides.
Entre le fameux cortisol qui est à sec chez moi, et mes énooooormes déficits en vitamine B12 et en acides gras oméga 3 et 6 (le bon gras qui te veux du bien), j’ai le jackpot pour un beau tableau dépressif majeur !

J’ai bien dit « tableau dépressif », pas « dépression » : il me manque des réserves qui vont à ce point empêcher mon organisme de fonctionner normalement que je peux donner l’air d’être déprimée. Mais non. J’aurais pu, mais sur ce troisième burn-out j’étais lucide. Après tout le burn-out et moi on se fréquente depuis longtemps, je l’ai bien vu venir !

J’ai « tourné à vide » plus longtemps que j’aurais normalement pu, il va me falloir des mois pour reconstruire mes réserves, ne plus en avoir « plein le dos », relancer mes usines internes pour remplir ma pile de bonne énergie non oxydée. Mais les neurones ça va, je ne suis pas déprimée, je suis lucide.

C’est ce qui me permet d’en parler : un burn-out seul, qui plus est un troisième, tu le prends avec philosophie.
J’ai essayé de partir, de me casser, mais je n’ai pas trouvé assez vite.
J’ai essayé de lutter, mais j’ai été dépassée.
J’ai essayer d’alerter, mais c’est un sujet encore mal compris.

Mais je vais remonter. Je le veux, je le sais.
Ça va être long. C’est chaque fois plus long.
Mais c’est faisable. Et je vais le faire. Et je vais le montrer.
Je vais remonter. Mais autrement. Et ailleurs.


Je ne m’épuiserais plus pour une quête qui n’est pas la mienne.

Ma priorité : moi

Les chiffres sont formels : un second burn-out, c’est 50% de risque de rechute. Un 3ème : 80%.
Autant dire que l’entreprise n’est plus un univers pour moi. Bien trop dangereux.

Je reste une bisounoob à risque, définitivement. Mais j’ai décidé d’être une « burn-outée exemplaire« .
Pour moi déjà, parce que 3 vies c’est le max qu’on peut cramer dans un jeu vidéo. J’ai un corps à sauver.
Et pour toi aussi, parce que là je te parle de reconnaître le burn-out mais je compte bien être un cobaye consciencieux pour te montrer comment le vaincre aussi !

Ça tient en peu de choses, finalement :

  • se reposer
  • s’écouter
  • s’aimer
  • changer

Et je vais changer.
J’ai changé déjà.
J’ai quitté le monde de l’entreprise.
Je travaille à construire mon activité.
A mon rythme. Selon mes valeurs.

Je suis ma priorité, je m’écoute, j’ai mis en place des rituels du matin, des pauses de l’après-midi, et doucement je me reconstruis. Avec mes faiblesses, mes imperfections, mes douleurs. Mais elles font ma force.

Et j’ai plein de projets pédagogeeks pour vous !

A suivre… rendez-vous dans une nouvelle vie !


Ma mission : (re-) devenir mon Maître du Je(u) !

 

Fuite du poussin, Shutterstock (c) Vladimir Borozenets

Fuite du poussin, Shutterstock (c) Vladimir Borozenets